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thumb 2K4A5426.resizedLe 1er congrès du Syndicat CFDT Métallurgie Alsace, tenu le 10 mars 2026 à Huttenheim, adopte une résolution générale très structurée en 17 axes d’action, centrés sur l’emploi, les salaires, les conditions de travail, le renouvellement militant et la visibilité du syndicat sur le territoire alsacien.

Le 10 mars 2026, la CFDT Métallurgie Alsace a tenu à Huttenheim son premier congrès depuis la création du syndicat en 2022, marquant une étape clé pour les salarié·e·s de la métallurgie en Alsace. Issue de la fusion des syndicats du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, cette organisation de 3 463 adhérent·e·s au 18 novembre 2025 a adopté une résolution générale ambitieuse qui fixe le cap des prochaines années autour de 17 engagements. Au cœur de cette feuille de route : la défense de l’emploi industriel, l’amélioration des rémunérations, la qualité de vie et des conditions de travail, la protection des droits sociaux, le renouvellement militant et la présence renforcée sur le terrain comme sur le Web.

 

Emploi industriel : une urgence absolue en Alsace

Dans un contexte de crises sanitaires, géopolitiques et de restructurations qui frappent durement l’industrie, la résolution fait de la défense de l’emploi une priorité absolue. Le syndicat dénonce les plans sociaux, les fermetures de sites et les périodes d’activité partielle qui plongent de nombreux salariés dans la précarité. Face aux effets de la décarbonation sur l’automobile, l’aéronautique ou le ferroviaire, la CFDT Métallurgie Alsace s’engage à former et accompagner ses sections sur toutes les alternatives aux licenciements (activité partielle, APLD, dispositifs TRANSCO, etc.). Elle affirme clairement son opposition aux suppressions d’emplois dictées uniquement par la préservation des marges et s’attaque à la distribution massive de dividendes quand elle se fait au détriment de l’emploi et de l’investissement

Le syndicat porte aussi une exigence forte : une politique industrielle tournée vers l’investissement productif, la recherche, le développement durable et la montée en qualification des salarié·e·s, en interpellant UIMM, ADIRA et responsables politiques. Cette orientation s’accompagne d’une vigilance particulière sur les lois Travail et les ordonnances, que la CFDT Métallurgie Alsace considère comme des attaques quotidiennes contre le Code du travail.

 

QVCT et conditions de travail : remettre l’humain au centre

La résolution refuse une QVCT réduite à des actions “cosmétiques” et exige un travail de fond sur l’organisation réelle du travail. Pour le syndicat, améliorer la qualité de vie et les conditions de travail suppose de reconnaître l’expertise des salariés, de les associer aux décisions et de faire de l’organisation du travail un véritable sujet de dialogue social. Il veut doter les sections syndicales d’outils de diagnostic, renforcer la prévention des risques psychosociaux et des troubles musculosquelettiques, et développer des permanences décentralisées sur les maladies professionnelles.

La résolution dénonce la déshumanisation du travail, la pression permanente, la mise en concurrence des salarié·e·s et l’individualisation des performances, qui détruisent les collectifs et alimentent le mal‑être au travail. Le syndicat annonce des campagnes de formation sur le stress, les TMS, les RPS et les AT/MP afin de mieux armer les militant·e·s pour défendre la santé physique et mentale des travailleurs.

 

Salaires et partage de la valeur : des augmentations générales au cœur des revendications

Les négociations annuelles obligatoires sont présentées comme des temps forts de l’action syndicale pour gagner en visibilité, aller au contact des salariés et construire des revendications ancrées dans la réalité des grilles de salaires. Le syndicat défend une ligne claire : les augmentations générales doivent être le socle des évolutions de rémunération, dépasser l’inflation et contribuer à réduire les inégalités. Les augmentations individuelles ne doivent en aucun cas se substituer aux augmentations générales mais les compléter dans un cadre transparent, objectif et négocié.

La CFDT Métallurgie Alsace entend faire de l’intéressement, de la participation et des dispositifs de partage de la valeur de véritables outils de redistribution des richesses, avec des critères vérifiables et non discriminatoires. Elle se donne pour mission de soutenir les sections syndicales dans la construction de leurs revendications, en proposant outils NAO, formations dédiées, repères de comparaison locaux et accompagnement sur les accords liés aux salaires et à l’épargne salariale.

 

Défense des acquis sociaux, du droit syndical et du droit local

La résolution réaffirme l’importance des acquis sociaux (congés, protection sociale, fin de carrière, temps de travail, dispositifs seniors, aménagements pour les salariés fragilisés, journées enfant malade, etc.) et alerte sur les multiples tentatives de remise en cause. Le syndicat promet de soutenir chaque section attaquée sur ses acquis, de sensibiliser les militants à leur protection et de lutter contre la banalisation de la perte de droits.

Face à l’érosion des droits syndicaux – disparition de détachements, baisse des moyens depuis les CSE, remise en cause des usages – la CFDT Métallurgie Alsace choisit une “résistance constructive”. Elle défend l’égalité de traitement des mandatés, la reconnaissance de l’expérience acquise en mandat dans la carrière et une politique financière offensive pour garantir son autonomie, appuyée sur le développement du nombre d’adhérent·e·s

Le syndicat place aussi la défense du droit local d’Alsace‑Moselle au rang de priorité, face aux tentatives de remise en cause patronales. Il s’engage à informer et former ses militants, organiser des mobilisations, dénoncer publiquement les atteintes et, si nécessaire, saisir les tribunaux et interpeller l’UIMM lorsque le droit local n’est pas appliqué.

 

Égalité professionnelle et développement syndical

L’égalité professionnelle femmes‑hommes est posée comme un combat structurel, fondé sur l’égalité des droits et l’égalité des chances. La CFDT Métallurgie Alsace s’engage à combattre toutes les discriminations, à encourager la mixité des emplois, à corriger les écarts de salaires et de classifications et à négocier des garanties collectives favorisant l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle.

Le développement et la syndicalisation constituent un autre pilier de la résolution. Le syndicat revendique un syndicalisme de masse, de terrain et d’actions, basé sur l’autonomie financière, et fait de la création de nouvelles sections syndicales d’entreprise (SSE), du soutien aux PME dépourvues de moyens, du ciblage des jeunes, cadres et futurs retraités des priorités. Entre 2022 et 2025, 94 formations syndicales ont été organisées, 1 162 stagiaires ont été formés et de nombreuses SSE ont été créées dans le Bas‑Rhin et le Haut‑Rhin, même si certaines n’ont pas survécu à des plans sociaux.

 

Défense juridique, formation et renouvellement militant

La CFDT Métallurgie Alsace considère la défense juridique comme un levier stratégique du rapport de force. Depuis la création du syndicat, 136 dossiers contentieux ont été suivis, dont 99 clôturés et 37 encore en cours, avec 23 dossiers pris en charge par des défenseurs syndicaux auprès des prud’hommes et du pôle social. Pour améliorer la qualité et la réactivité de l’accompagnement, une commission juridique renforcée doit être mise en place en 2026, avec des militants volontaires, des réunions régulières et une actualisation continue des fiches juridiques.

Le renouvellement des responsables et le développement militant sont identifiés comme une urgence stratégique, notamment face à la baisse des détachements et au vieillissement d’une partie importante des adhérents. Le syndicat veut identifier de jeunes militants, leur transmettre les savoir‑faire, les accompagner vers des responsabilités (bureau syndical, COMEX, mandats divers) et, si nécessaire, financer ponctuellement la participation aux réunions pour éviter toute perte de salaire. La formation joue un rôle clé : 246 jours de formation ont été réalisés entre 2022 et 2025, et le syndicat prévoit d’intégrer deux nouveaux formateurs au réseau Alsace en 2026.

 

Visibilité et présence numérique : site web, réseaux sociaux et médias

La communication est un volet transversal de la résolution générale. Le site officiel cfdt‑metauxalsace.com a été modernisé et alimenté régulièrement par des articles sur l’actualité industrielle, les négociations, les plans sociaux ou les droits des salariés, avec plus de 1 000 visites enregistrées sur un mois et des contenus très consultés sur les congés pour enfant malade ou la convention collective nationale de la métallurgie.

La page Facebook du syndicat, qui compte plusieurs centaines d’abonnés, permet de relayer rapidement les informations au grand public comme aux militants et a déjà généré des prises de contact et certaines adhésions. La résolution insiste sur la nécessité de maintenir une présence dans les médias régionaux et nationaux, de renforcer la visibilité lors des manifestations et d’allouer un budget spécifique à la communication et à la visibilité.