Le 10 mars 2026, le syndicat CFDT Métallurgie Alsace tiendra son premier congrès à Huttenheim. Une résolution générale ambitieuse fixe le cap des prochaines années : emploi, salaires, conditions de travail et renouvellement militant au cœur des priorités.
Un moment charnière pour la métallurgie alsacienne
Le syndicat CFDT Métallurgie Alsace s'apprête à tenir son premier congrès historique le 10 mars 2026 à Huttenheim.
Emploi : Une bataille de chaque instant
L'industrie alsacienne traverse une période particulièrement difficile. Les crises sanitaires, géopolitiques et les effets de la mondialisation ont laissé des traces profondes dans le tissu économique local. Plans sociaux, fermetures d'usines, périodes d'activité partielle prolongées : les salariés de la métallurgie ont subi de plein fouet ces turbulences. La transition écologique, bien que nécessaire, ajoute une couche d'incertitude supplémentaire. Les lois sur la décarbonation bouleversent les orientations stratégiques des entreprises, notamment dans la filière automobile. Constructeurs et sous-traitants de tous rangs doivent repenser leurs modèles, souvent au détriment de l'emploi.Face à cette situation, le syndicat CFDT Métallurgie Alsace réaffirme son engagement sans ambiguïté : -
Former et accompagner les sections syndicales sur les alternatives aux licenciements : activité partielle, APLD, dispositif TRANSCO
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S'opposer fermement aux suppressions d'emplois dictées uniquement par la préservation des marges bénéficiaires
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Dénoncer les dividendes excessifs lorsqu'ils se font au détriment de l'emploi et des investissements d'avenir
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Promouvoir une politique industrielle tournée vers la recherche, le développement durable et la montée en qualification
Organisation du travail et qualité de vie : Remettre l'humain au centre
La QVCT ne peut se réduire à quelques ateliers bien-être ou à des initiatives cosmétiques. Le syndicat défend une approche structurelle qui s'attaque aux causes profondes de la souffrance au travail.L'organisation du travail doit redevenir un sujet de dialogue social authentique. Les représentants du personnel méritent d'être pleinement associés aux décisions qui impactent le quotidien des salariés. Car derrière les indicateurs de performance se cachent des femmes et des hommes qui aspirent simplement à exercer leur métier dans des conditions dignes. Le syndicat s'engage à :
- Mener une politique de formation ambitieuse sur les enjeux organisationnels
- Accompagner les sections syndicales dans la mise en place d'une vraie politique QVCT
- Intervenir auprès des adhérents lors des processus de reconnaissance des troubles psychosociaux
Conditions de travail : Dire stop à la déshumanisation
Il devient urgent de nommer les choses. Surcharge de travail, mise en concurrence permanente des salariés, individualisation à outrance des performances : ces pratiques managériales détruisent les collectifs de travail et mettent en danger la santé physique et mentale des travailleurs. Le syndicat refuse cette logique qui ne vise qu'à maximiser les profits au mépris de toute considération humaine. Il s'engage à :
- Renforcer son action sur les causes du mal-être au travail
- Poursuivre les campagnes de formation sur les TMS et les RPS
- Développer des permanences décentralisées sur les maladies professionnelles
- Former les militants à détecter et prévenir les situations de stress chronique
Rémunérations : Le juste partage des richesses
Les négociations annuelles obligatoires représentent des temps forts de l'action syndicale. Elles permettent de recueillir les attentes des salariés, de construire des revendications cohérentes et de peser sur les décisions. Le socle reste les augmentations générales. Elles doivent impérativement :
- Dépasser l'inflation pour préserver le pouvoir d'achat
- Garantir une progression salariale en phase avec la situation économique de l'entreprise
Contribuer à réduire les inégalitésLes augmentations individuelles, quant à elles, doivent compléter ce dispositif sans jamais s'y substituer. Elles servent à reconnaître les compétences acquises et à corriger les discriminations salariales, notamment entre femmes et hommes. L'intéressement, la participation et les primes de partage de la valeur complètent cet édifice. Ils participent à la redistribution des richesses créées par les salariés.
Acquis sociaux : Un patrimoine à défendre
Congés payés, sécurité sociale, temps de travail, fin de carrière : ces droits fondamentaux sont régulièrement menacés. Sous prétexte de compétitivité ou de contraintes budgétaires, certains voudraient les rogner. Le syndicat s'engage à :
- Soutenir chaque section syndicale confrontée à une attaque sur les acquis
- Sensibiliser les militants à l'importance de ces droits
- Lutter contre la banalisation des reculs sociaux
Développement et syndicalisation : La force du nombre
Un syndicat puissant, c'est d'abord un syndicat nombreux. Les adhérents constituent la colonne vertébrale de l'organisation. Ils portent ses valeurs sur le terrain, relaient ses analyses et forment le vivier des futurs responsables. Le syndicat réaffirme son attachement à :
- Un syndicalisme de masse, seul garant d'un véritable rapport de force
- Un syndicalisme de terrain, proche des préoccupations quotidiennes
Un syndicalisme d'action, de propositions et de négociations. Parmi les priorités : créer de nouvelles sections syndicales, renforcer le suivi des PME dépourvues de moyens, cibler les jeunes, les cadres et les futurs retraités.
Défense juridique : Un prolongement naturel de l'action syndicale
Le volet juridique constitue un levier essentiel du rapport de force. Il s'agit de redynamiser le réseau des défenseurs syndicaux et des conseillers du salarié, en leur donnant les moyens de s'engager durablement.Le syndicat prévoit :
- Des réunions semestrielles des mandatés juridiques
- Un suivi régulier pour favoriser l'épanouissement dans les mandats
- Une valorisation de cet engagement stratégique
Égalité professionnelle : Un combat permanent
L'égalité entre femmes et hommes ne se décrète pas, elle se construit au quotidien. Le syndicat s'engage à :
- Porter une politique revendicative ambitieuse
- Combattre toutes les formes de discrimination
- Encourager la mixité des emplois
Négocier des garanties favorisant l'équilibre vie professionnelle/vie personnelle
Droit syndical : Résister à l'érosion
Les droits syndicaux s'érodent dangereusement. Disparition des détachements, remise en cause des usages, affaiblissement des moyens depuis la mise en place des CSE : ces reculs fragilisent la capacité d'action du syndicat. Face à cette situation, le syndicat choisit la voie de la résistance constructive. Il défendra :
- L'égalité de traitement pour les élus et mandatés
- Des droits solides pour l'exercice du mandat syndical
La reconnaissance professionnelle de l'expérience militante
Droit local : Un héritage non négociable
Le droit local d'Alsace-Moselle constitue un ensemble de règles particulières qui ont la même valeur juridique que les lois nationales. Face aux tentatives répétées de remise en cause, notamment par le patronat, le syndicat maintiendra une vigilance constante. Il organisera des mobilisations en réponse aux attaques et n'hésitera pas à saisir les tribunaux en dernier recours.
Des engagements complémentaires pour l'avenir
La résolution couvre également :
- La défense des conventions collectives nationales et l'application de la nouvelle CCNM
- La visibilité de la CFDT dans les médias et sur les réseaux sociaux
- L'engagement actif dans les structures confédérales et fédérales
- Le renouvellement des responsables et la préparation de la relève
- La formation continue des militants
- La réforme des statuts du syndicat
- L'accompagnement spécifique des PME de moins de 50 salariés
Un syndicalisme d'avenir
Cette résolution générale traduit la volonté du syndicat CFDT Métallurgie Alsace de rester au plus près des préoccupations des salariés. Elle affirme des valeurs de solidarité, de justice sociale et de respect de la dignité humaine. Dans un contexte économique incertain, face à des employeurs parfois tentés par le court-termisme, le syndicalisme apparaît plus que jamais comme un contre-pouvoir indispensable. La CFDT Métallurgie Alsace entend bien jouer pleinement ce rôle, en accompagnant les travailleurs dans leurs combats quotidiens comme dans les grandes transformations industrielles à venir.
Le congrès du 10 mars 2026 marquera le début d'un nouveau chapitre. Reste aux militants et aux adhérents à l'écrire ensemble, avec détermination et engagement.













