Pin It

thumb 8386e618 4730 4cac bb49 e3dffe9b3c34Le 18 septembre 2025, la France pourrait connaître une journée de mobilisation sociale d’ampleur.

Les principales organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU, Solidaires) appellent à des grèves et manifestations contre le projet de budget 2026 présenté par le gouvernement de François Bayrou. Pourquoi cette colère ? Quelles sont les mesures controversées ? Et quels pourraient être les impacts de cette journée sur la vie politique et sociale française ?

 

 

 

 

Le projet de budget 2026 : des économies qui divisent ;

Les mesures phares et leurs justifications

 

- Suppression de deux jours fériés

Le gouvernement propose de supprimer le lundi de Pâques et le 8 mai comme jours fériés chômés, à partir de 2026. L’objectif est d’économiser entre 2,5 et 3,5 milliards d’euros, une somme destinée à financer en partie les dépenses militaires. Cette mesure s’inspire du modèle du lundi de Pentecôte, déjà travaillé sans compensation salariale.

  • Arguments du gouvernement : Réduire le déficit public (5,4 % du PIB en 2025) et "responsabiliser" les Français face à la dette.
  • Critiques des syndicats : Une perte de pouvoir d’achat pour les salariés, déjà touchés par l’inflation, et une remise en cause des droits sociaux.

- Gel des prestations sociales et des retraites

Pour limiter les dépenses de la Sécurité sociale, le gouvernement prévoit une "année blanche" en 2026 : aucune revalorisation des allocations sociales et des pensions de retraite, malgré l’inflation. Cette mesure devrait rapporter 7 milliards d’euros, mais touchera surtout les ménages les plus modestes

  • Conséquences : Une baisse du pouvoir d’achat pour les retraités et les bénéficiaires de minima sociaux, dans un contexte où la pauvreté augmente.

- Réforme de l’assurance chômage

Le gouvernement demande aux partenaires sociaux de négocier une nouvelle réforme pour économiser 2 à 2,5 milliards d’euros par an dès 2026. Les syndicats craignent un durcissement des conditions d’indemnisation (allongement des durées de cotisation, baisse des allocations)Il s’agirait de la quatrième réforme en huit ans, après celles de 2017, 2019 et 2023.

- Doublement des franchises médicales

Un projet de décret prévoit de doubler les franchises médicales, ce qui rendrait l’accès aux soins plus coûteux pour les patients, notamment les plus précaires

- Gel des salaires des fonctionnaires

Les salaires des 5,5 millions d’agents publics (fonctionnaires et contractuels) seront gelés en 2026, alors que les prix continuent d’augmenter.

 

Un budget inéquitable

Les syndicats et une partie des économistes dénoncent un déséquilibre dans l’effort demandé :

  • Les ménages modestes et la classe moyenne supportent l’essentiel des économies (via le gel des salaires, des retraites et des prestations).
  • Les grandes entreprises et les plus riches bénéficient toujours de 211 milliards d’aides publiques depuis 2020 et de niches fiscales non remises en cause

Exemple : Les dividendes versés aux actionnaires ont atteint un record historique en 2024, tandis que les salaires stagnent.

 

Une unité rare des Syndicats  

Pour la première fois depuis plusieurs années, toutes les centrales syndicales (y compris la CFDT, souvent plus modérée) appellent à une journée commune de grève et de manifestations. Cette unité s’explique par :

  • L’ampleur des mesures : Aucune catégorie n’est épargnée (salariés, retraités, chômeurs, fonctionnaires).
  • Un sentiment d’urgence : Après la réforme des retraites de 2023, les syndicats ne veulent plus de reculs sociaux.
  • Un gouvernement affaibli : Le vote de confiance du 8 septembre pourrait faire tomber François Bayrou si la mobilisation est forte

 

Les revendications syndicales

 Les organisations demandent :

  • L’abandon des suppressions de jours fériés et du gel des salaires.
  • Une fiscalité plus juste : taxation des superprofits, des hauts revenus et des gros patrimoines.
  • Des investissements dans les services publics (santé, éducation, transports) et la transition écologique.
  • Le retrait de la réforme de l’assurance chômage et la revalorisation des retraites.

Marylise Léon (CFDT) : « Ce budget est injuste et inefficace. Il aggrave les inégalités sans résoudre la crise de la dette. »

 

Le vote de confiance du 8 septembre : un pari risqué

François Bayrou a annoncé un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre, une manœuvre rare et risquée. Pourquoi ?

  • Il n’a pas de majorité claire : Ni le Nouveau Front Populaire ni le RN, ni les Républicains soutiennent son budget
  • Il veut forcer l’adoption du budget 2026, quitte à utiliser le 49.3 (adoption sans vote).
  • Il joue sa survie politique : S’il perd, il devra démissionner.

 

Les scénarios possibles

  • Bayrou obtient la confiance : Le budget est discuté, mais la contestation sociale pourrait s’amplifier.
  • Bayrou est renversé: Crise politique : Macron devra nommer un nouveau Premier ministre.
  • Blocage persistant: Grèves reconductibles et tensions sociales prolongées.
 

Si la mobilisation est massive, le gouvernement pourrait revoir certaines mesures (ex : abandon de la suppression des jours fériés), un rapport de force favorable aux syndicats pour les négociations futures.

Cependant Si le gouvernement passe en force il y a risque de radicalisation : les syndicats appellent déjà à des grèves reconductibles. Mais il y a aussi le fort risque d'une Crise démocratique, car une partie de la population pourrait se sentir ignorée par les institutionsSi Bayrou tombe le Président Macron devra trouver une personnalité capable de négocier avec les syndicats et l’opposition . Le spectre des élections anticipées est un scénario possible si la crise persiste.

 

Comment suivre et comprendre les événements ? 

Les manifestations du 18 septembre

  • À Paris : Départ à 14h place de la République.
  • En région : Cortèges organisés dans toutes les préfectures (liste sur les sites des syndicats).

Les sources d’information fiables

La pétition intersyndicaleicônesourisgauche

Pour ceux qui veulent exprimer leur désaccord : stopbudgetbayrou.fr 

 

Pour aller plus loin

 

Le 18 septembre 2025 pourrait bien représenter un moment charnière pour la France, où une mobilisation aux contours particuliers – marquée par l’unité exceptionnelle des syndicats malgré leurs différences historiques, un gouvernement en position de faiblesse avec un Premier ministre contesté, et un contexte économique tendu entre inflation, chômage et dette publique record – cristallise l’affrontement entre deux visions opposées : d’un côté, celle du gouvernement, déterminé à réduire le déficit à tout prix, même au risque d’aggraver les inégalités, et de l’autre, celle des syndicats et d’une partie de la société, qui prônent une réforme de la fiscalité, une taxation des plus riches et des investissements massifs dans les services publics pour sortir durablement de la crise.

Les prochaines semaines seront décisives. Que vous soyez pour ou contre les mesures du gouvernement, une chose est sûre : les choix faits aujourd’hui auront des conséquences durables sur le modèle social français

 

Sources