Dans un monde où la mondialisation et la recherche de rentabilité dictent souvent les stratégies des grandes entreprises, ArcelorMittal, le géant de la sidérurgie, a récemment annoncé un projet de délocalisation de certaines de ses fonctions support vers l'Inde.
Cette décision, présentée lors d'un Comité d'entreprise européen, vise à réduire les coûts et à améliorer la rentabilité du groupe. Cependant, elle a suscité de vives réactions de la part des syndicats et des salariés, qui craignent pour leurs emplois et l'avenir de la production en Europe.
ArcelorMittal, confronté à des incertitudes économiques persistantes en Europe, a décidé de délocaliser certaines de ses fonctions support (RH, finances, achats, ventes et marketing, supply chain et informatique) vers un « Business Service Hub » en Inde. Cette décision, bien que présentée comme une nécessité économique, a été perçue par beaucoup comme une menace pour l'emploi local et la stabilité de la production européenne.
Les syndicats, notamment la CFDT et la CGT, ( Lire le communiqué du CEE ArcelorMittal ) ont vivement critiqué ce projet. Ils dénoncent un manque de transparence et d'information de la part de la direction d'ArcelorMittal. La CFDT a souligné que cette stratégie entraînera des suppressions de postes et une dégradation du climat social.
Un droit d'alerte a été voté à l'unanimité sur ArcelorMittal France, la plus grande société du groupe avec plus de 7 000 salariés.
Impact sur les Emplois
Le projet de délocalisation pourrait affecter des centaines d'emplois en Europe, soit près de 30 % des effectifs actuels des fonctions support dans les différents sites européens. La Direction n'a pas communiqué de chiffres précis sur les transferts et leurs impacts en termes d'emplois, mais les syndicats estiment que cela pourrait concerner environ 4 500 emplois en Europe, dont près du tiers en France.
La Direction a présenté un planning rapide pour la mise en œuvre de ce projet :
- De février à avril : Ateliers locaux pour analyser les tâches par processus et périmètre afin d’identifier celles à délocaliser.
- Mai : Information-consultation avec le CEE et mise en place du Hub en Inde au second semestre 2025.
Conséquences et Inquiétudes
Les syndicats craignent que cette délocalisation ne soit que la première étape d'un changement de stratégie commerciale qui conduira à l'élimination progressive des capacités de production en Europe. Ils dénoncent également l'hypocrisie de la direction d'ArcelorMittal, qui demande un soutien économique toujours plus exorbitant aux autorités européennes tout en présentant un projet de délocalisation qui risque de supprimer des centaines d'emplois en Europe.
Réactions Politiques et Économiques
La décision d'ArcelorMittal intervient dans un contexte économique difficile, marqué par des incertitudes persistantes en Europe et une guerre commerciale agressive.
Le président américain Donald Trump a intensifié la guerre commerciale sur l'acier et l'aluminium, ce qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur les emplois en Europe.
Le projet de délocalisation des fonctions support d'ArcelorMittal vers l'Inde suscite de vives inquiétudes parmi les syndicats et les salariés.
Les syndicats exigent une information-consultation du CEE en bonne et due forme et des contreparties sociales pour les aides fournies. La mise en œuvre de ce projet pourrait avoir des conséquences majeures sur l'emploi et la production en Europe.
Lire le communiqué du comité d'entreprise Européen ArcelorMittal
Sources :
- CFDT FGMM - ArcelorMittal Europe : la CFDT Métallurgie dénonce la délocalisation des fonctions support en Inde
- L'Usine Nouvelle - Délocalisations en Inde, démission du DG France… L’inquiétude monte chez ArcelorMittal
- Europe 1 - Acier : ArcelorMittal envisage de délocaliser certaines activités support d'Europe vers l'Inde
- France Bleu - ArcelorMittal envisage de délocaliser des activités en Inde : "Le scénario noir est en train de s'écrire", estime la CGT













