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thumb negociation3943746Contexte national et international en 2025

L'année 2025 s'ouvre dans un climat marqué par des tensions géopolitiques majeures, une instabilité économique et des prévisions préoccupantes sur plusieurs fronts. Les crises au Moyen-Orient et l’incertitude stratégique liée à la politique commerciale américaine amplifient les risques pour la croissance mondiale, même si la France demeure relativement protégée comparée à d'autres économies européennes telles que l’Allemagne.

 

 

 

Situation économique en France : croissance, inflation, chômage

Croissance du PIB

  • Prévisions croissance 2025 : En France, la croissance du PIB est attendue à seulement +0,6% sur l’ensemble de l’année, poursuivant le net ralentissement entamé après 2024. Ce coup de frein s’explique par des moteurs économiques nationaux peu dynamiques, notamment la consommation et l’investissement, dans un contexte d’incertitude internationale accru.

Inflation

  • Niveau d’inflation en 2025 : Sur le premier semestre, l’inflation générale reste modérée (+0,7% en mai, +1,0% en juin).

  • Les prix à la consommation montrent cependant une légère reprise en juin, conséquence du rebond des services et d’une hausse de l’énergie liée aux tensions internationales.

  • Pouvoir d'achat : Malgré le reflux de l’inflation, le pouvoir d'achat ne progresse que de 0,3% sur l’année selon la Banque de France, ce qui bride la reprise de la demande des ménages.

Chômage et emploi

  • Prévisions chômage : Selon l’INSEE, le taux de chômage devrait remonter à 7,7% pour la fin 2025 (contre 7,4% début d’année), principalement en raison d’une destruction nette d’emplois salariés (plus de 210 000 suppressions en cinq trimestres)

  • Résilience de l’emploi : Certains secteurs montrent cependant une résistance, portée par des besoins de recrutement structurels à l’horizon 2030-2035.

Consommation et épargne des ménages

  • Tendance consommation : La consommation ne redémarre pas, freinée par la prudence des ménages et la stabilité à un niveau historiquement élevé de leur épargne.

  • Dépenses préengagées : Les dépenses contraintes repartent à la hausse, atteignant 35% du revenu des ménages, contre seulement 13% il y a 60 ans. Elles culminent à 1 143 € en 2025.

État des négociations salariales dans la métallurgie 2025

Un dialogue social sous tension

  • Blocage des négociations : Les négociations sur la revalorisation des minima conventionnels menées début 2025 dans la branche métallurgie se sont soldées par un échec. L’UIMM (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie) a proposé une augmentation moyenne de 0,9%, jugée très insuffisante au regard de l’inflation prévue (1,4%)

  • Position syndicale : La FGMM et autres syndicats dénoncent des "phases de crispation", reprochant à l’UIMM un manque d’ambition et de réelle prise en compte de la perte de pouvoir d’achat dans le secteur.

  • Persistance du barème 2024 : Faute d’accord, les grilles de salaires minima établies en 2024 restent en vigueur pour l’année 2025, sans revalorisation significative.

Barème des minima hiérarchiques 2025

 

 
Groupe Classe Salaire annuel brut 2025
A 1 21 700 €
A 2 21 850 €
B 3 22 450 €
B 4 23 400 €
C 5 24 250 €
C 6 25 550 €
D 7 26 400 €
D 8 28 450 €
  • Remarque: Il existe encore des mesures transitoires dans certaines entreprises pour éviter des à-coups de masse salariale, particulièrement pour celles en difficulté.

NAO 2025 : tendances et statistiques

  • Budget d’augmentation salariale : Moyenne de 2,33% des budgets (y compris individuelle/générale), contre 3,48% en 2024. Forte prudence des entreprises : 43% n’ont pas prévu de budget d’augmentation, privilégiant primes et avantages en nature

  • Deals de branche : Le recul est plus net pour les non-cadres, où les augmentations passent sous la barre des 1,8%. Pour les cadres, la tendance est à la diminution des enveloppes collectives, avec retour à davantage d’individualisation de la rémunération.

  • Mesures talon/planchers : En 2025, elles sont versées dans moins d’1 entreprise sur 3 seulement, pour un montant moyen de 45,5 €, soit moitié moins qu’en 2023.

Partage de la valeur, primes, épargne salariale et plans sociaux

Prime de Partage de la Valeur (PPV)

  • Évolution réglementaire : Depuis janvier 2025, les montants de PPV versés ou affectés à l’épargne intègrent la rémunération servant au calcul du coefficient de réduction des cotisations patronales, rendant le dispositif moins attractif pour les employeurs.

  • Montants observés : 13% des entreprises de la métallurgie distribuent une PPV, avec un montant médian de 500 € (amplitude de 75 € à 6 000 € selon les sociétés).

  • Loi ANI 2023-1107 : Introduit l’obligation de partage de la valeur pour les entreprises de 11 à 49 salariés en bénéfice sur 3 années consécutives. Elle impose la mise en place d’un dispositif via une prime, un accord d’intéressement, ou par l'abondement d’un plan d’épargne salariale.

Épargne salariale et dispositifs collectifs

  • Compte épargne-temps (CET) : Les droits CET peuvent être alimentés de diverses façons (congés payés, heures sup’, participations) et sont libres d’utilisation (financement temps partiel, congé, retraites).

  • Plans d’épargne collective : Les négociations avancent pour mettre en place des dispositifs d’épargne « clé en main » de branche, accessibles y compris aux plus petites entreprises

Analyse sectorielle : focus métallurgie, contraste emploi/recrutement

  • La sidérurgie et l’automobile restent les secteurs sous pression, avec fragilité de l’emploi et manque de visibilité. D'autres secteurs de la métallurgie voient cependant des besoins en recrutement persistent à moyen et long terme (2030–2035), notamment pour prendre le relais générationnel.

Journées thématiques FGMM

La fédération continue de proposer des journées de sensibilisation syndicale sur la protection sociale, la rémunération, l’épargne salariale, la lecture du bulletin de paie, ainsi que la préparation et anticipation des NAO et la retraite.

 

Perspectives et recommandations

  • La modération salariale risque de ne pas suffire à compenser la hausse de l’inflation pour les salariés.

  • L’individualisation accrue des politiques de rémunération pourrait renforcer les inégalités internes et nuire à l’attractivité du secteur.

  • Le partage de la valeur, sous contrainte légale, se généralise tout en perdant en attractivité du fait du changement de fiscalité applicable sur la PPV.

  • Les entreprises doivent anticiper et investir dans des dispositifs d’épargne et de partage plus robustes et attractifs.

  • Les tensions du dialogue social autour des minima conventionnels devraient se prolonger tant que l’interprétation des textes et la conjoncture ne s’éclaircissent pas.

Téléchargez le bilan NAO Métallurgie Juin 2025icônesourisgauche